Entre épisodes de pluies intenses, crues rapides et périodes d’étiage plus longues, la variabilité climatique complique la gestion opérationnelle de l’eau. Pour les collectivités, syndicats de bassin, exploitants d’ouvrages et services techniques, l’enjeu est double : renforcer la prévention inondations tout en anticipant la pénurie eau. Dans ce contexte, un logiciel de gestion des inondations n’est pas un “plus” : c’est un outil de pilotage. Elle sert à centraliser et fiabiliser la donnée, à la mettre en forme (cartes, tableaux de bord), puis à déclencher des actions (notifications, rapports, procédures). Bref : passer de la surveillance à la décision, rapidement et avec traçabilité.
De l’alerte inondation à l’action : construire une chaîne de décision fiable
Une alerte inondation efficace ne se limite pas à recevoir une information. Elle repose sur une chaîne complète, qui doit rester robuste même en situation dégradée (données manquantes, capteurs en défaut, surcharge opérationnelle, multiplicité des acteurs).
1) Centraliser : le rôle d’un concentrateur de données
Le premier maillon est un concentrateur de données capable d’agréger :
- les capteurs terrain (pluie, hauteur, débit, niveaux, ouvrages),
- les données issues d’automates/supervision,
- les flux Open Data et services externes,
- les informations métier (seuils, points sensibles, contacts, consignes, scénarios).
C’est aussi à ce niveau que l’on connecte des flux structurants comme Vigicrue via l’API VIGICRUE, et les données hydrométriques/hydrologiques via l’API HYDROPORTAIL (selon les cas d’usage).
2) Qualifier la donnée : éviter les faux signaux
En crue, une valeur aberrante peut déclencher une action inutile. À l’inverse, une donnée manquante peut masquer une situation critique. D’où l’importance de contrôles automatiques : cohérence temporelle, détection d’anomalies, complétude, historisation et traçabilité des corrections.
3) Rendre la situation lisible : visualisation données eau
La visualisation données eau doit répondre à une question simple : “où en est-on, et qu’est-ce qui change ?” En pratique, cela passe par :
- une cartographie des stations, secteurs sensibles et franchissements de seuil,
- des tableaux de bord (courbes pluie/débit/hauteur, indicateurs, tendances),
- des exports et rapports partageables (internes, élus, partenaires).
4) Diffuser : bonne info, bon moment, bonnes personnes
Une plateforme bien conçue permet d’automatiser la diffusion (mail/SMS), de produire des bulletins, et de partager une vue commune de la situation entre services techniques, gestionnaires d’ouvrages, élus et partenaires. Le but : réduire le délai entre l’information et l’action.
API VIGICRUE et API HYDROPORTAIL : connecter les flux sans “bricolage”
Les services publics diffusent des données utiles à l’exploitation :
- API VIGICRUE : pour intégrer dans vos outils des informations liées à la vigilance crues et, selon les services disponibles, des données associées,
- API HYDROPORTAIL : pour accéder à des données hydrométriques/hydrologiques et les intégrer dans une chaîne data cohérente.
L’enjeu n’est pas seulement de “récupérer” un flux, mais de l’intégrer proprement : normalisation, contrôle qualité, historisation, gestion des droits et cohérence multi-sources. C’est ce qui rend l’outil exploitable en crise (et pas seulement intéressant en démonstration).
Interopérabilité : SANDRE et Siseau pour parler le même langage
Une difficulté récurrente, quand on agrège des données de sources multiples, est la sémantique : parle-t-on des mêmes objets, avec les mêmes codes et unités ?
- SANDRE apporte des référentiels et dictionnaires (codes, paramètres, formats d’échange) pour faciliter l’interopérabilité des données de l’eau.
- Siseau (souvent associé à SISE-Eaux côté sanitaire) renvoie à l’organisation de l’information sur l’eau potable et ses suivis, utile quand on veut relier gestion quantitative, évènements (crues) et impacts potentiels sur les services d’eau.
Sans cette couche d’interopérabilité, chaque nouveau partenaire ou nouvelle source de données peut devenir un mini-projet d’intégration… au pire moment.
PCA (Plan de Continuité d’Activité) inondation : passer du document à l’exercice
Un PCA (Plan de Continuité d’Activité) inondation est réellement utile lorsqu’il est testable et opérationnel. Une plateforme hydrologie aide à le rendre concret :
- définition des seuils et règles de déclenchement,
- organisation des listes de diffusion et des responsabilités,
- génération de bulletins et comptes-rendus,
- rejeu des épisodes passés (REX) et amélioration continue,
- simulation/exercices (scénarios) pour vérifier que la chaîne tient.
Le PCA devient alors un système vivant, soutenu par la donnée, et non un document statique.
Ne pas opposer crue et pénurie eau : la même plateforme sert aussi l’étiage
La valeur d’une plateforme hydrologie augmente lorsqu’elle couvre l’ensemble du cycle :
- en crue : alerte, suivi temps réel, franchissements de seuil, coordination,
- en période tendue : suivi d’étiage, indicateurs et restrictions,
- en anticipation : surveillance des tendances et appui aux décisions face à la pénurie eau.
Autrement dit : une même chaîne data (collecte → validation → indicateurs → visualisation → alertes) sert à la fois la prévention inondations et la gestion de l’étiage.
Focus AcycliQ : un outil d’aide à la décision pour inondations et étiages
Notre logiciel AcycliQ s’inscrit dans cette logique “de l’acquisition de la donnée jusqu’à la décision”. Concrètement, l’approche couvre :
- Collecte : capteurs, applications mobiles, mails, FTP, API, et autres flux,
- Exploitation : centralisation, validation, formatage, stockage, sécurité, droits,
- Calcul : statistiques, franchissements de seuil, indicateurs, et possibilités de modélisation,
- Visualisation : tableaux de bord, graphiques, cartes, rapports, alertes.
Pour un gestionnaire, l’intérêt est simple : disposer d’une vue unique, exploitable, pour suivre une situation de crue (et déclencher une alerte inondation) tout en gardant une continuité de suivi en période d’étiage.
Checklist : démarrer un projet “plateforme hydrologie” en 7 étapes
- Cartographier les sources (capteurs, partenaires, Open Data, Vigicrue, etc.).
- Mettre en place le concentrateur de données (collecte + règles d’intégration).
- Connecter les flux externes (dont API VIGICRUE / API HYDROPORTAIL selon besoins).
- Définir les règles qualité (contrôles, anomalies, complétude, historisation).
- Construire la visualisation données eau (cartes + tableaux de bord).
- Paramétrer les alertes et la diffusion (mail/SMS, bulletins, rapports).
- Industrialiser le PCA (Plan de Continuité d’Activité) inondation : exercice, REX, amélioration.
Face à une variabilité climatique qui bouscule autant les crues que l’étiage, l’enjeu n’est plus d’accumuler des données, mais de les rendre fiables, lisibles et actionnables. Une plateforme hydrologie connectée (ex. API VIGICRUE, API HYDROPORTAIL), interopérable (SANDRE, Siseau) et orientée décision permet d’améliorer la prévention inondations tout en préparant les périodes de pénurie eau.



